• 18 novembre 2018

Médias et nouvelles technologies: quelle coéxistence?

    L’innovation technologique a contribué de manière essentielle au developement du journalisme numérique. Mais peut-on résister face à la distribution de masse d’informations qui ne sont pas toujours vérifiées ? Est–ce que ce phénomène n’a pas mené à la manipulation de la société ? Cette question et beaucoup d’autres ont été au centre du colloque international intitulé « Le journalisme à l'ère des nouvelles technologies » organisé par la section moldave de l’UPF le 30 septembre 2016.

    Tout un vendredi, la Bibliothèque municipale de Chișinău «B. P. Hașdeu» est devenue un lieu parfait pour des débats sur ce thème. Journalistes, professeurs et étudiants ont eu la possibilité d’écouter des experts francophones venus de plusieurs pays pour discuter des problèmes les plus actuels liés au journalisme numérique.

    Dans sa présentation, Marc-Henri Jobin, directeur du Centre de formation au journalisme et aux médias de Lausanne, en Suisse, a rappelé chronologie des rédactions dans son pays : «Jusqu’aux  années 90, elles ont été essentiellement constituées de professionnels devant leur machine à écrire ou avec leur stylo à la main. Aujourd’hui, certaines nouvelles sont créées par des systèmes automatiques et publiées grâce à des algorithmes». 

    Pour sa part, Jean Kouchner, de l’Ecole de journalisme de Montpellier, a parlé de «journalisme lent» comme d’une espèce menacée d’extinction. Ses arguments étaient vraiment convaincants: aujourd’hui il est important d’être le premier à publier une information et pas du tout de vérifier  l’information. Il a établi à ce propos un parallèle saisissant: «Le journalisme, c’ est comme conduire une voiture. Plus on a d’expérience, plus on est sur de ce qu’on fait».

    Enseignante à l’Université française d’Erevan, Zara Nazarian a consacré son intervention aux défis posés par les nouveaux medias. Elle a rappelé aux étudiants présents dans la salle qu’il ne fallait pas oublier de filtrer les informations reçues quotidiennement en très grand  nombre, notamment  par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Néanmoins elle a souligné le fait que parmi les bloggeurs et les personnes qui écrivent sur leurs pages ou profils personnels il y en a beaucoup qui le font mieux que certains journalistes...

    Les termes «journalisme assis» et «journalisme debout» ont été éxpliqués au public par Cecile Vrain, professeure de l’Ecole supérieure de journalisme de Paris. Elle a comparé le journaliste qui reste face à l’écran de son ordinateur pout procéder à ses recherches avec celui qui rencontre ses interlocuteurs dans la rue et qui cherche les preuves dans la vie réelle.

    Deux études de cas ont été présentées  au colloque – la première a touché un  scandale qui a eu lieu en Roumanie en mai 2016, lorsqu’un journalise a révélé sur son blog que des informtions selon lesquelles  les produits désinfectants utilisés dans les hôpitaux publics roumains étaient  trop dilués.

    La deuxième étude de cas concernait la couverture par les médias moldaves des actes terroristes du mois de mars à Bruxelles. Aneta Gonța,  collaboratrice de la Faculté de journalisme et des sciences de la communication de l’Université d’Etat de Chișinău, a mis en évidence les informations souvent inexactes concerant les attaques terroristes qui ont fait 34 morts en Belgique. Les Moldaves ont ainsi été mal informés parce que des journalistes n’avaient pas vérifié les données trouvées.

    Les échanges entre les intervenants et le public ont mis en évidence une seule conclusion: la véracité du contenu constitue l’élément le plus important pour tous ceux qui font des médias de qualité.

Ludmila Corlăteanu
 


http://voceatinerilor.md/article/noile-tehnologii-provocare-sau-necesitate-pentru-presa-traditionala-583.html

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