• 17 décembre 2018

Les médias dans la campagne électorale: informer, éduquer, manipuler ou désinformer?

Chaque campagne électorale constitue un examen de maturité, de démocratie, mais, surtout, de la résistance et du professionnalisme pour les médias moldaves. Dans ce sens, les deux dernières campagnes n'ont pas constitué une exception. En construisant une société démocratique, on espère toujours avancer, se développer, atteindre des résultats qualitatifs et supérieurs aux antérieurs. En Moldavie les choses suivent, parfois, une logique étrange. Après avoir atteint après deux décennies, un certain niveau d'indépendance et de liberté de la presse et de l'expression, on constate en 2005 une dégradation alarmante des indices de la liberté de la presse (moins 16 positions par rapport à l'année 2014, d'après le dernier rapport de Reporters sans Frontières). Nous avons de plus en plus de télévisions, de radios, de sites internet, mais nous oublions la vraie déontologie, nous laissons du coté le professionnalisme, le contenu et la profondeur. Le comportement des médias pendant les campagnes électorales de l'automne 2014 et du printemps-été 2015 en constitué une confirmation.

Essentiellement, les déviations constatées dans le comportement des médias moldaves en automne 2014 se sont, malheureusement, accentuées en 2015 pendant la campagne électorale pour les élections locales. En grandes lignes elle consistent dans:

  • le manque de l'équilibre dans la présentation des sujets électoraux;

  • l'attitude évidente en faveur ou en défaveur d'un candidat électoral dans les programmes d'actualités, dans les émissions électorales et dans les émissions des débats;

  • la violation de la législation audiovisuelle et électorale visant les débats pendant la campagne électorale;

  • la présentation des Déclarations sur la politique éditoriale pendant la campagne électorale identique de la part de quelques institutions médiatiques et fait encore plus grave, l'approbation de ces Déclarations par l'autorité de réglementation;

  • la «migration» des sujets d'une institution médiatique à d’autres;

  • la manipulation des sujets à travers les titres, etc.

 

Ce qui inquiète le plus est le manque de réaction à la fois des institutions médiatiques visées, ainsi que de l'organisme de réglementation. Cela veut dire soit que tout le monde qui fait partie de ce système est totalement indifférent vis-à-vis de ce qui se passe, soit que les relations «anormales» existantes entre le monde des médias, de la politique et des institutions qui surveillent l'activité de la presse sont trop fortes. Une chose est sûre: grosso modo, les médias moldaves ont prouvé pendant les deux dernières campagnes électorales qu'elles contribuent d'une manière essentielle à la construction d'une société malade et encore très loin de la démocratie véritable. 

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