• 17 décembre 2018

Parlons les langues – parlons des langues.

En 1999 la Conférence générale de l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) proclamé le 21 février – journée internationale de la langue maternelle. Pourquoi une telle mesure pour sensibiliser chacun d’entre nous à l’importance de notre propre langue maternelle, ou comment en sommes nous arrivés là? Il y a différentes explications.

La mondialisation économique et le progrès technique, qui ont augmenté considérablement  la vitesse des échanges en tous genres, font que certaines langues s’imposent et que d’autres disparaissent. Ce triste sort est réservé surtout aux langues minoritaires.

Selon l’UNESCO, au début du troisième millénaire il y avait dans le monde presque 7000 langues, dont 2000 constituaient la langue maternelle de minorités de moins de 1000 personnes. Tout au long de l’année 2016 l’organisation a insisté sur la nécessité vitale d’une éducation de qualité et de l’apprentissage des langues. L’accent a été mis en particulier sur l’importance de la langue maternelle dès les premières années d’enseignement, surtout pour les filles et les femmes dans certaines régions du monde et pour les peuples autochtones et les populations rurales dans d’autres.

On ne saurait toutefois promouvoir les langues maternelles sans passer par le plurilinguisme dans les relations internationales. Or, si l’Organisation des Nations Unies compte 193 pays membres on ne comptait  en 2015 que 111 nationalités parmi les membres de son personnel, et donc 111 langues maternelles. En dépit de ses six langues officielles (arabe, chinois, russe, anglais, français et espagnol) et deux langues de travail (français et anglais) la très grande partie des travaux se tiennent toujours et de plus en plus en anglais. Une personne qui parlerait cinq des six langues officielles mais pas l’anglais ne pourrait  jamais travailler dans le système onusien, mais on y trouve des gens qui ne parlent que leur langue maternelle, l’anglais…

Dans notre pays la situation n’est guère meilleure. Dans les grandes villes notre pauvre langue maternelle est de plus en plus mise à l’écart de l’espace public par l’anglais et le russe. Dans le reste du pays, mais aussi dans la capitale, elle est maltraitée quotidiennement par nous tous, qui avons le grand tort de méconnaître sa beauté et sa richesse.

Avoir une bonne connaissance de sa propre langue impose le respect et suscite l’admiration des autres. Si les langues étrangères nous apportent le confort et la facilité des échanges, c’est la langue maternelle qui nous fait grandir et nous élever. 

Genève, M.Donos.

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