• 17 décembre 2018

«CASA MARE» sur ... le mont Olympe

Le mont Olympe fait partie de notre culture générale à tous. En apprenant l’histoire de la Grèce antique, nous avons appris la beauté et la magie de cette montagne, dont «le sommet souvent entièrement caché par les nuages, était invisible aux mortels» qui ainsi ne pouvaient pas voir les dieux qui s’y étaient installés. Il s’agit bien sûr des douze dieux sur lesquels régnait Zeus - le dieu suprême.
 
Aujourd’hui, en voyageant dans la Grèce moderne et en allant visiter ce mont des dieux antiques, on découvre avec plaisir qu’une partie importante des Grecs qui vivent dans les localités situées autour de l’Olympe parle un vieux dialecte roumain. Et on est tenté de se demander si les douze dieux en question, dont Zeus lui même, ne discutaient des affaires de la Grèce antique en roumain...
 
Une chose est sûre: le mont Olympe du XXIème siècle est peuplé d’Aroumains. On les trouve toujours dans la région de leur résidence traditionnelle dans les montagnes de la péninsule Balkanique. Leurs chefs-lieux - le bourg Aminciu et le village Ngjiiare - sont situés dans le massif du Pinde, en Grèce du Nord. Les enclaves où ils vivent sont reparties dans toute cette région et ils s’appellent eux-mêmes en langue grecque Βλάχοι (Valaques).
 
L’évolution actuelle de leur langue est définie dans une large mesure par son caractère traditionnel de langue orale, qui correspondait au type culturel de la société fermée des pasteurs-montagnards. Les Aroumains, qui n’ont jamais eu d’identité politique, n’utilisaient leur langue que pour communiquer entre eux, tandis que pour les contacts avec l’extérieur ils utilisent la langue nationale du pays - le grec.
 
Le dialecte valaque est bien présent dans toute la région. Ainsi, les habitants du magnifique village de montagne appelé Livadio, d’où l’on peut admirer le mieux le mont Olympe, expliquent volontiers que la Roumanie socialiste a longtemps offert des bourses d’études aux membres de cette minorité. La localité de Metsovo est connue pour la beauté de ses paysages mais aussi pour ses vins qui s’appellent notamment «Rosiu de munte» et «Floarea de munte», tandis qu’à Nymphaio, près de la ville de Florina, les visiteurs peuvent se restaurer à la taverne «Casa mare».
 
En 1997, le Conseil de l’Europe a adopté une résolution recommandant la protection de la langue et de la culture aroumaine, mais cette recommandation ne semble pas avoir connu de suites significatives. Il n’en reste pas moins que les touristes roumanophones qui visitent cette partie de la Grèce ont la surprise et le plaisir d’entendre les autochtones parler une langue familière car proche de la leur.
 
Margareta DONOS

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