• 29 octobre 2020

Une discussion nécessaire sur les droits et les responsabilités des journalistes à Chisinau sur le modèle du Canada

La Section moldave de l’UPF est devenue cette année, pour la première fois, le partenaire du Conseil de la Presse dans l’organisation du plus important événement média annuel – le Forum Média 2019, grâce à la première collaboration avec l’Ambassade du Canada à Bucarest. Le Forum s'est tenu pendant deux jours, à Chisinau, le 4 et 5 novembre 2019.

Avec le soutien de l’Ambassade, à ce Forum on a bénéficié d’une session excellente sur les formes de syndicalisation des journalistes comme un des moyens de les responsabiliser, modèle du Canada, présenté par M. Claude Robillard, secrétaire général de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) de 1989 à 2014.

„Être responsable pour moi, ce n’est rien d’autre que faire vraiment du journalisme. Les journalistes ne sont pas responsables de faire plaisir aux uns ou aux autres, ni de renforcer le pouvoir et les intérêts des puissants de ce monde ni de militer pour une option politique plus que pour une autre. Ils sont responsables d’informer correctement la population, de l’informer en respectant les normes déontologiques généralement admises dans la profession”, a dit M. Robillard devant les journalistes moldaves.

Il a expliqué le mécanisme canadien de défendre les droits des journalistes et de la liberté de la presse. „Je vais vous présenter comment, au Québec, on s’organise pour que les journalistes et les médias puissent faire du bon journalisme. Et du bon journalisme il y en a beaucoup. En Amérique du Nord, nous avons un type d’association professionnelle de journalistes qui n’a pas beaucoup d’équivalent en Europe à ma connaissance. Il s’agit d’associations qui regroupent le plus largement possible toutes les personnes qui travaillent en journalisme, peu importe leur statut d’emploi et leur fonction précise, mais sans avoir aucun rôle dans les relations de travail. Le grand avantage d’une telle association est d’être «universelle» si on peut dire. Elle axe son travail sur ce qui est commun à tous, la liberté de presse, et non sur ce qui divise”, a souligné M. Robillard. Il a ajouté que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), créée en 1969 et pour laquelle il a travaillé pendant 24 ans comme secrétaire général, est une telle association professionnelle. La Fédération a, depuis 1996, son Guide de déontologie, dont chaque membre doit s’engager à le respecter.

Il a parlé aussi du rôle du Conseil de la Presse du Québec, créé en 1973 et de la création, le même année, de la Fédération nationale des communications (FNC). ”Jusqu’en 1973, les journalistes ne disposaient que de syndicats locaux dispersés. Le même besoin d’unité des journalistes qui a présidé à la création de la FPJQ a entraîné la mise sur pied d’une fédération syndicale, la Fédération nationale des communications (FNC). Nous avons dès lors notre troisième pilier d’organisation du milieu journalistique. À la différence des deux premiers, il dispose d’un réel pouvoir que lui confèrent les lois du travail”, a expliqué Claude Robillard. D’après lui, les syndicats interviennent sur deux types de questions : les conditions de travail et les clauses professionnelles.

Les journalistes moldaves se sont intéressés à la polarisation des médias, aux contributions payées par les journalistes comme membres des associations professionnelles et aussi à la création des syndicats dans les petites rédactions.

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