• 17 décembre 2018

Quand l’Académie des sciences de Moldavie donnait le ton à l’industrie suisse des machines…

Il y a 40 ans, la Suisse était réputée dans toute l’Europe occidentale et au-delà pour la qualité de son industrie de fabrication de machines-outils. Ce qui prouve en passant qu’il n’y a pas que la banque dans la vie ! Le goût du «travail bien fait» était une vertu typiquement helvétique et les Suisses étaient si fiers de la qualité de leur produits qu’ils les achetaient toujours de préférence aux produits d’importation, dans tous les domaines, des aliments aux vêtements, en passant bien sûr par l’horlogerie et autres instruments de précision. Il ne s’agissait pas seulement de patriotisme économique mais bien de confiance dans l’excellence de la qualité de la production nationale. 

A la même époque, tout le monde connaissait, bien entendu, l’Union soviétique. Beaucoup l’admiraient, d’autres la redoutaient mais tous la respectaient. Peu de monde en revanche avait entendu parler de la Moldavie, la confondant souvent avec un pays imaginaire inventé par un auteur belge de bandes dessinées. Ce n’était pas le cas de l’industrie suisse des machines, qui connaissait fort bien cette république de l’URSS mais surtout le Bulletin de l’Académie des sciences de Moldavie, car elle était précisément en avance dans un domaine scientifique et technique qui les intéressait particulièrement, celui de l’électro-usinage, ou étincelage, des métaux. 

En tant que jeune étudiant en chimie qui faisait à l’occasion des traductions de russe en français, j’ai ainsi eu l’occasion pendant plusieurs années de traduire systématiquement tous les sommaires du bulletin de l’Académie des sciences de Moldavie à la demande d’une des principales industries suisses, la société AGIE, basée près de Locarno, au Tessin, dans la partie italophone de ce pays au quatre langues nationales. Les spécialistes moldaves étaient en effet à cette époque à l’avant-garde de ce domaine de pointe et l’industrie helvétique de la branche ne voulait surtout rien rater de leurs découvertes et améliorations techniques. Comme on disait jadis en latin « Sic transit gloria mundi »…

Philippe Stroot

Articles connexe

L’image compte

Chaque pays est responsable de son image en extérieur. La politique étrangère doit comprendre ...