• 13 juin 2024

«Le Coing d’Or», une tradition d’automne de la francophonie moldave

Les prix de la 16e édition du concours de rédaction en français «Le Coing d’Or» ont été remis le 22 octobre 2022 à l’Université d’Etat de Chisinau, capitale de la Moldavie. Créé en 2006 par la section moldave de l’UPF, ce prix est destiné à récompenser des lycéens ou étudiants capables de rédiger en français une composition sur un thème donné puis de la défendre oralement face à un jury d’enseignants et de journalistes. Après une présélection rigoureuse, dix candidats – huit lycéennes et deux lycéens – ont participé à la finale de l’édition 2022 et ont rivalisé sur le thème «Guguță, le petit prince moldave a grandi». Le choix de ce personnage bien connu de la littérature moldave pour enfants, imaginé par l’écrivain Spiridon Vangheli, aujourd’hui âgé de 90 ans, illustre l’originalité de la contribution de la Moldavie à la culture francophone et mondiale. Déjà traduit en 40 langues, cette œuvre peut être comparée à bien des égards au Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry, ce que n’ont pas manqué de faire plusieurs des participants au concours. 

Après une introduction du professeur Ion Guțu, président du jury, les neuf finalistes ont présenté leurs travaux respectifs. Et si plusieurs ont en effet insisté sur les analogies et les différences entre les personnages de Guguță et du Petit Prince, d’autres ont imaginé ce que le petit héros moldave aurait pu devenir en grandissant et quelle profession il aurait choisi pour le bien de son pays.

Grâce à ses partenaires, la Communauté moldave de Suisse, le gouvernement helvétique à travers la représentation en Moldavie de la Direction de la coopération au développement (DDC), le bureau național (à Chisinau) de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), le jury a pu remettre quatre prix en récompense des meilleurs travaux. Le grand prix a ainsi été décerné à Milena Sîli, lycéenne dans la ville de Soroca, qui a imaginé que Guguță devenait ingénieur en France pour résoudre les problèmes énergétiques de la Moldavie. Le premier prix est revenu quant à lui à Iulian Plop, également lycéen de Soroca, qui a fait du petit héros de légende un instituteur devenu ambassadeur de tous les enfants du monde. Le deuxième prix a été décerné à Nicoleta Budeanu, lycéenne de la ville d’Ungheni, qui a souligné, après avoir comparé Guguță et le Petit Prince, que l’enfant qui subsiste à l’intérieur de chaque adulte, est notamment une  garantie de ce que les valeurs nationales ne disparaissent jamais. Le troisième prix est revenu à Beatriz Zgavordei, autre lycéenne de Soroca, qui a illustré de ses propres dessins l’évolution de Guguță devenu professeur.

Un prix spécial a enfin été remis par un représentant de la section suisse de l’UPF à Veronica Barbacari, lycéenne d’Ungheni, pour la spontanéité de sa présentation. Elle fut en effet la seul à ne lire aucune partie de son exposé, ni sur papier, ni en paraphrasant un texte présenté à l’écran. Il est à noter que tous les finalistes venaient de villes de province et pas de la capitale.

Les représentants étrangers présents lors des présentations orales ont été impressionnés par l’excellent niveau général du français parlé par les candidats. Tant du point de vue de la richesse du vocabulaire que de la prononciation, les jeunes moldaves se sont exprimés d’une manière que nombre de leurs homologues de pays francophones pourraient leur envier…  Outre leur mérite propre, cela souligne aussi la qualité de l’enseignement du français dispensé en Moldavie.  A l’heure où la langue anglaise continue – pour le moment – à «gagner des parts de marché» en Moldavie comme dans la plupart des pays européens, les participants au concours «Le Coing d’Or» ont démontré que la langue que nous avons en partage a encore de beaux jours devant elle, et peut-être même davantage selon la tournure que prendra la géopolitique mondiale.

Philippe Stroot

 

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