• 18 novembre 2019

L’hospitalité comme devise? Certes, mais pas dans une seule langue!

 La légende nous dit que c’est par la volonté d’un montagnard fier et décidé que les sports d’hiver ont été lancés dans les Grisons suisses il y a 150 ans. Avec ou sans légende force est de constater que la montagne si austère et difficile à dominer à cette époque est devenue une source importante de revenu pour l’économie suisse, dont elle constitue la seule richesse naturelle.

Avec le lancement de la plus grande patinoire du monde en 1877 à Davos ou le premier match de curling d’Europe continentale en 1888, toujours dans les Grisons, la Suisse découvre et fait découvrir aux touristes étrangers les atouts touristiques de l’hiver au point d’organiser les Jeux Olympiques de 1928 à St-Moritz.

Mais tourisme veut dire routes et hôtels d’abord. Dans ce domaine aussi la Suisse a ouvert la voie de la qualité et de l’hospitalité. En 1893 a été fondée à Lausanne la toute première institution d’enseignement des métiers de l’hôtellerie et de l’accueil. L’école hôtelière de Lausanne (EHL) est aujourd’hui et depuis sa création une institution de référence en matière de gestion hôtelière au niveau mondial. En 2015 elle lance en collaboration avec deux universités étrangères un master dans le domaine de l’accueil et l’hospitalité. Cette nouvelle étape d’études se fera dans trois pays différents: Suisse, Chine et États-Unis d’Amérique. Même si les étudiants vont voyager, vivre et étudier dans ces pays de cultures et de mentalités tellement différentes, ils ne vont apprendre à sourire, accueillir et travailler qu’en anglais.

La langue unique de ce nouveau master, même si il y a eu lieu à Lausanne, est en effet l’anglais. Les quelques journalistes étrangers, dont des Chinois, présents à son lancement ont été un peu surpris. Étant parfaitement francophones ils s’attendaient à une présentations plus riche linguistiquement parlant mais aussi plus diverse quant aux cultures des pays participants. S’agit-il d’un master pour apprendre aux jeunes à n’accueillir que des touristes anglophones ou qui ont appris la langue anglaise ? La petite Suisse est grande et généreuses dans sa diversité culturelle, linguistique et religieuse. Elle l’est nettement moins dans sa collaboration internationale quand elle se soumet aux règles des autres...

A l’heure de la mondialisation et de la langue unique de la pensée unique, n’est-il pas plus utile de mettre en avant la diversité et surtout un savoir faire  vieux de 150 ans? La qualité mérite le respect et le pluralisme linguistique.

 

Margareta Donos à Lausanne

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