• 18 novembre 2019

JEU D’ÉCHECS EN MOLDAVIE: BELLES PERFORMANCES DES JEUNES SPORTIFS

Un jeu populaire ou un art de penser – les échecs ont été introduits en Europe à partir du  x e  siècle et faisaient partie intégrante de l’éducation du futur chevalier. Aujourd’hui ce sport reconnu dans tout le monde est de plus en plus populaire en Moldavie. A l’occassion du Championnat de l’Europe qui aura lieu à Batumi, Géorgie (18-29 octobre), Ion Solonari, entraîneur renommé, Vice-président de la Fédération Moldave d’Échecs, nous a relaté les résultats encourageants des jeunes joueurs d’échecs moldaves.
 
- Monsieur Solonari, comment appreciez-vous l’intérêt pour les échecs en Moldavie ?
 
- La Fédération Moldave d’Échecs existe depuis de plus 15 ans et pendant toutes ces années elle a eu pour but de promouvoir et développer la pratique des échecs. Un appui considérable représente L’Académie Nationale d’Echecs et le Club Républicain dont la mission est d’élaborer un système national d’enseignement pour les joueurs d’échecs de tous les niveaux. Je peux dire que le nombre des écoles et des cours d’échecs a augmenté, donc l’intérêt pour ce jeu se renforce.
 
- Quelles sont les difficultés majeures avec lesquelles se confronte la Fédération ?
 
- La difficulté majeure est le manque de soutien financier de la part de l’État. La Fédération Moldave d’Échecs n’est qu’une ONG et évidemment nos possibilités sont limitées. Nous ne pouvons pas nous comparer avec notre voisin, la Roumanie, parce que là l’état investit dans les fédérations sportives et le Ministère du Sport, là ils engagent un entraîneur fédéral d’échecs et délèguent des sportifs aux compétitions internationales.
 
- Comment est conçu le calendrier annuel de la Fédération? Quelles sont les activités planifiées pour les derniers mois de cette année ?
 
- Le calendrier pour 2014 prévoit 24 compétitions nationales et des dizaines de championnats internationaux. Il est important de noter que les compétitions nationales ne se déroulent pas qu’à Chişinău, mais aussi dans les écoles d’échecs pour les jeunes à Bălţi et Ungheni. Il y en a plusieurs, les activités: les deux les plus importantes étant le tournoi dédié à Tudor Scripcenco, maître aux échecs et la Coupe d’Europe qui aura lieu à Batumi.
 
- Est-ce qu’on peut dire que la Moldavie et ses joueurs  sont présents et visibles sur l’arène des échecs européens ?
 
- Bien sûr l’arène n’est  pas sursaturée de joueurs moldaves, mais il faut dire que nous avons des jeunes qui sont préparés pour participer à plusieurs coupes et compétitions. Tous les deux ans ont lieu les Jeux Olympiques du monde où participent des milliers de joueurs venant de 160 pays. Deux fois la  Moldavie a réussi de se placer sur la 18ème place. Les fonctionnaires publics, pour qui ne comptent que les médailles, disent qu’un tel résultat est mauvais, parce que pour la 18 ème place il n’y a pas de médailles. Néanmoins ceux qui se rendent compte de nos conditions, possibilités et avec quelles adversaires nous nous rencontrons, ils savent apprécier nos maîtres ès sport comme de véritables héros nationaux.
 
- Quand les jeunes moldaves ont-ils participé à des tournois internationaux ?
 
- Nos jeunes joueurs se font remarquer par leurs résultats. Par exemple, un de mes premiers élèves des années 1980, Viorel Bologan, a aujourd’hui des succès spectaculaires et est devenu un grand maître international aux échecs. Je peux dire avec fierté que Viorel est maintenant un chef de file national. Une autre élève, Cristina Moșin à l’âge de 12 et 13 ans est devenue la Championne d’Europe deux fois en 1995 et 1996. Diana Baciu a eu une évolution surprenante et a remporté 2 medailles de bronze (Championnat du Monde en 2006 en Géorgie et en 2008 au Vietnam). En 2005, Irina Bulmaga (la catégorie des moins de 12 ans) a reçu une médaille d’or au premier Championnat du
Monde réservé aux élèves qui s’est déroulé à Porto-Carras (Grèce).
 
- Qui va représenter notre pays au Championnat d’Europe à Batumi ?
 
- A Batumi la Moldavie sera représentée par une équipe de 10 jeunes joueurs comme par exemple, Vlad Socolov (catégorie des moins de  8 ans), Dragoș Cereș, Daniel Chiriac, Paula Mocanu (catégorie des moins de  10 ans), Valeria Mocanu (catégorie des moins de  14 ans), Valeriu Pavel (catégorie des moins de 18 ans).
 
 
- Récemment le vice-champion de Moldavie Daniel Chiriac (la catégorie des moins de 10 ans), a participé au Championnat du Monde à  Durban  (Afrique du Sud). Comment appréciez-vous ses résultats ?
 
- C’est pour la première fois que Daniel participe à une compétition de tel niveau et c’est normal qu’il n’ait pas encore réussi à conquérir l’Olympe. Tous les maîtres renommés ont commencé avec des places modestes. Daniel se trouvait dans une situation compliquée, sans un entraîneur qui puisse lui donner des conseils et je pense qu’il s’est bien débrouillé – le résultat obtenu, 5,5 points sur 11 possible, c’est bien !
 
 
LA REINE: SA PIÈCE PRÉFÉRÉE

- Daniel, quand as-tu commencé à jouer aux échecs ?

- J’ai commencé à apprendre à jouer à l’âge de quatre ans. C’est mon grand-père qui m’a appris. Il joue très bien et je voulais toujours pouvoir faire une bonne partie avec lui. Alors j’ai commencé à frequenter les cours à la Fédération Moldave d’échecs et à travailler avec Monsieur Ion Solonari 3 heures par jour.

- Tu as représenté la Moldavie à Durban, partage-nous tes impressions !
 
- C’est très palpitant d’être le seul représentant de ton pays, j’ai eu plein d’émotions, mais je me suis aussi fait beaucoup d’amis làbas. Environ 2000 participants sont venus à Durban, dont 100 étaient dans la catégorie des moins de 10 ans.
 
- Quelle étape a été la plus difficile pour toi?
 
- Il y a eu 11 rounds, donc 11 adversaires. Pour moi le dernier round avec un collègue de Nouvelle Zélande a été le plus difficile du point de vue stratégique.
 
- As-tu une pièce préférée ?
 
- La reine. C’est la pièce la plus puissante et elle peut se déplacer dans n’importe quelle direction. J’aimerais que les gens aient aussi tant de liberté.
 
- Comment la pratique du jeu d’échecs t’aide dans la vie quotidienne ?
 
- Le jeu d’échecs m’aide à mieux raisonner, à développer la concentration et mes yeux sont devenus attentifs à tout ce qui se passe sur l’échiquier. En plus, j’ai appris à mon frère cadet de cinq ans à déplacer les pièces, donc bientôt on va jouer des parties ensemble !
 
Nous souhaitons du succès à l’entière équipe moldave qui va participer au Championnat d’Europe à Batumi !
 
Propos recueillis par
Liudmila CORLĂTEANU

 

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