• 26 septembre 2022

Francophonie et plurilinguisme : beaucoup reste à faire

Avec l’arrivée du printemps nous fêtons la terre, la nature, le Mărțișor – ce symbole de l’amour et de la paix, ainsi que la Francophonie. Dans beaucoup de pays le 20 mars marque l’appartenance de différentes nations et pays au mouvement francophone qui a en partage la langue française et avec elle la diversité. Pour la semaine de la Francophonie l’organisation des Nations unis à Genève accueille une exposition et une soirée de poésie sous forme de dialogue des spécialistes de Gabriela Mistral, grande poétesse chilienne et lauréate du Prix Nobel de littérature: «une soirée des poèmes d’hier et d’aujourd’hui, qui allient tact diplomatique et minutie poétique». 

Le français est l’une des six langues officielles (arabe, chinois, espagnol, russe, anglais) du système des Nations Unies et l’une des deux langues de travail avec l’anglais. Dans le système multilatéral, qui constitue la base même du fonctionnement onusien, le multilinguisme doit favoriser la diversité et la pluralité au sein de l’ONU et donc dans les négociations internationales, ce qui permettrait l’égalité juridique. En réalité la parité linguistique est loin d’être atteinte et le statut de langue de travail n’est pas souvent respecté. Même si l’OIF et certains états membres de l’ONU ont fait du respect du multilinguisme une priorité, le chemin est long et très difficile. 

A l’occasion de la journée de la Francophonie, l’organisation internationale du même nom publie un rapport sur l’état de la langue française et de son utilisation dans différents coins de la Planète. Selon cette publication, il y a 321 millions de locuteurs dont 62% se trouvent sur le continent africain. La majorité des francophones ont un usage quotidien du français, qui reste la seconde langue la plus apprise. Le rapport de l’OIF constate aussi que l’apprentissage du français progresse sur tous les continents «sauf en Europe, où les politiques éducatives ne s’ouvrent encore qu’insuffisamment à la diversité linguistique». Il est à noter que la Secrétaire générale de l’OIF s’est étonnée lors de la présentation de ce rapport du «peu de connaissance de la francophonie dans le pays qui accueille l’OIF». Et si les Français ne s’intéressent pas trop à la promotion de leur langue, dans d’autres pays, d’aucuns confondent parfois France et Francophonie. A ce propos il est paradoxal que l’anglais reste la langue dominante à l’Union européenne alors que le Royaume-Uni l’a quittée depuis pas mal de temps déjà...

En 2022 la section moldave de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) marque un quart de siècle depuis sa création par quelques journalistes enthousiastes qui avaient appris le français dans les écoles soviétiques. En 25 ans le nombre de ses membres n’a cessé de croître, ainsi que les activités organisées par la section pour promouvoir la langue française dans notre pays et même les deux ans de pandémie de Covid 19 ne nous ont pas empêchés de rassembler les jeunes francophones autour du français. 

Margareta Donos

 

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