• 20 août 2019

Eric Poppe, délégué général de Wallonie-Bruxelles à Bucarest, en visite à Chișinău, a répondu aux questions des membres de la section moldave de l’UPF

1. Le bureau de Wallonie-Bruxelles est installé à Bucarest depuis quelques années. Comment s’est fait ce choix et quel est le but premier de ce bureau dans la région ?

La Délégation générale Wallonie-Bruxelles a en effet été inaugurée à Bucarest en 2002.  Cette ouverture répondait à la nécessité, pour Wallonie-Bruxelles (la partie francophone de la Belgique), d’avoir une représentation diplomatique en Europe orientale.  Le choix s’est naturellement porté vers la Roumanie, pays de langue latine, membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, et qui avait déjà ouvert des négociations avec l’Union européenne en vue de son adhésion.

Le réseau diplomatique de Wallonie-Bruxelles compte actuellement 17 délégations générales, qui assurent la représentation diplomatique des gouvernements francophones de Belgique, c’est-à-dire des gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française de Belgique (également appelée Fédération Wallonie-Bruxelles), ainsi que du gouvernement francophone bruxellois.  Pour ce qui la concerne, le champ d’action de la Délégation générale à Bucarest porte sur la Roumanie, mais également la Bulgarie, la Moldavie et l’ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

2. Quels sont les domaines d’activité ou de collaboration avec les pays concernés ?

Les principaux axes d’intervention de la Délégation générale sont la recherche scientifique, la culture, la promotion de la langue française, les affaires sociales et l’éducation.

Tant en Roumanie qu’en Bulgarie, Wallonie-Bruxelles a conclu des accords de coopération qui permettent le financement de projets de recherche impliquant des équipes de chercheurs belges francophones d’une part, et roumains ou bulgares d’autre part.

La Délégation générale intervient également dans le domaine de la culture, en assurant la promotion des artistes belges francophones et en soutenant la mobilité de ceux-ci dans la région.

Pour ce qui concerne la promotion de la langue française, la Délégation générale coopère notamment avec l’Association roumaine des professeurs francophones, afin de soutenir la formation continue à l’enseignement du français langue étrangère.  Dans ce domaine, la coopération avec d’autres partenaires institutionnels est également essentielle et la Délégation générale participe ainsi au programme de l’Organisation internationale de la Francophonie visant à améliorer les capacités de travail en français des fonctionnaires roumains chargés du suivi des questions européennes.

Dans le domaine des affaires sociales, la Délégation générale soutient la coopération existant entre le gouvernement francophone bruxellois, la mairie de Bucarest et plusieurs associations roumaines, en vue de développer des projets artistiques pour les enfants hospitalisés, de contribuer au renforcement des politiques publiques menées en faveur des enfants les plus défavorisés ou de mener des échanges d’expérience dans le domaine de l’aide alimentaire.  

Relevons enfin le soutien important que nous apportons à l’ESFAM (Ecole supérieure francophone pour l’Administration et le Management), située à Sofia, notamment par l’octroi de 25 bourses d’études à des étudiants d’Europe centrale et orientale, dont peuvent notamment bénéficier les étudiants moldaves.

 

3. La Moldavie est souvent «oubliée» par les ambassades des pays francophones et autres bureaux régionaux de l’OIF dont le siège est situé dans des pays voisins (Roumanie, Ukraine, Bulgarie). Pensez-vous qu’une collaboration efficace peut se développer «à distance» avec la Wallonie-Bruxelles ?

Je crois en effet qu’une coopération au départ de Bucarest est tout à fait praticable pour autant, bien entendu, que nous puissions nous reposer sur des partenaires locaux.  Par ailleurs, je serai attentif à ce que nos actions futures aient un effet structurant et puissent avoir un impact dans la durée.

Dans ce contexte, j’accorde une importance particulière à l’approfondissement de nos relations avec la section moldave de l’Union de la Presse francophone.  En effet, je plaide pour que le soutien à la presse francophone soit un axe d’intervention prioritaire de Wallonie-Bruxelles en Moldavie, ce qui nous permettrait d’une part de soutenir le développement d’une presse libre, indépendante et objective et, d’autre part, de promouvoir la langue française dans le pays.  J’ajouterais qu’il me paraît essentiel, pour que cette collaboration soit efficace, d’assurer la présence de la Délégation générale aux activités que nous serons amenés à soutenir en Moldavie dans le futur.

 

4. Comme vous l’avez constaté vous-même, le français est une langue étudiée dans les écoles et hautement appréciée en Moldavie. Voyez-vous des domaines de collaboration pour soutenir les efforts des jeunes générations locales, qui se trouvent au carrefour de plusieurs choix linguistiques (russe, allemand ou anglais) ?

De nos jours, la maîtrise des langues est un atout essentiel pour l’accès aux emplois de qualité.  Le français est une grande langue internationale, parlée partout dans le monde, et l’une des six langues officielles des Nations Unies.  De plus, le français est une langue latine qu’il est évidemment plus facile de maîtriser pour quiconque a le roumain pour langue maternelle.

Vous avez raison de mentionner l’importance de sensibiliser les jeunes à l’usage du français et je crois qu’il est essentiel que les futures actions de Wallonie-Bruxelles en Moldavie ciblent plus spécifiquement ceux-ci, de manière à ce que ces actions aient un effet structurant.  Dans cette perspective, je tiens à féliciter la section moldave de l’Union de la Presse francophone pour l’organisation, depuis plusieurs années, d’un concours de rédaction d’essais journalistiques en français. Ce type d’action me semble aller dans la bonne direction et je me réjouis d’ores et déjà que nous puissions soutenir la prochaine édition de ce concours.


 

Articles connexe